Le Pantalon cargo: un agent double

Le Pantalon cargo: un agent double 

Tantôt très masculin et workwear, tantôt mal vu, le pantalon cargo s’est installé petit à petit comme une pièce forte du vestiaire masculin. Aujourd’hui on te propose d’oublier les clichés sur le Hip Hop de 50cents et les baggys trop larges car le pantalon cargo c’est bien plus que cela.

Avant d’être le pantalon favori d’une jeunesse vagabonde et insouciante dans les années 1980/1990, le pantalon cargo était un vêtement utilitaire, robuste et solide très utilisé par différents corps militaires.

Le pantalon cargo est un agent double car il est à la fois bon chic bon genre et street wear, dévergondé. Quid de cette pièce versatile ? D’où vient-elle et pourquoi on l’aime tant ?
Allez, on t’a préparé une cargaison d’informations pour te cultiver au mieux. [NDRL : la blague était trop facile pour ne pas être faite…]

Les origines

L’armée a de tout temps eu une influence forte sur le vestiaire masculin. On lui doit le chino, le trench-coat, encore le blouson aviateur et… le pantalon cargo !

Les premiers cargo pants voient le jour en 1930 chez les soldats britanniques. Leurs particularités ? Une coupe droite et fuselée et des poches plaquées pour y mettre cartes, munitions et autres attirails de soldats.

L’armée britannique avait l’habitude de combattre dans un uniforme spécifique jusqu’en 1900. L’art de faire la guerre évolue cependant très vite. Mécanisation oblige, les chevaux vont vite être remplacés par des rampes de chars blindés.

Les tenues d’époque dites « service outfit » n’étaient donc plus adaptées à cette environnement mécanique et laborieux. La Battle Dress Uniform voit donc le jour sous l’impulsion de La British War Office. Le but ? Inventer des vêtements robustes et solides qui sont adaptés aux besoins du champs de bataille.

Maitre mot : Souplesse, solidité et protection !

Standardisation

1930. Les uniformes modernes voient le jour, adaptés aux nouveaux impératifs de la guerre. Les manches des vestes par exemples s’incurvent et deviennent plus souples pour permettre aux soldats de les roulotter et d’etre plus à l’aise.

Le pantalon cargo entre donc en parfaite adéquation avec ce besoin de praticité sur le champs de bataille. La toile en coton sergé est retravaillée pour donner de l’aisance et les coutures renforcées.

Cependant, les cargos britanniques n’étaient pas réputés pour la solidité de leurs poches. Elles étaient de mauvaise taille, pas assez grandes pour contenir munitions, cartes..

C’est ainsi que durant les années 1940/50 l’armée américaine revisite le cargo britannique en lui donnant de grosses poches plus solides et plus souples. Ces nouveaux pantalons cargos sont conçus pour des soldats parachutistes qui sautent avec plus de 100kg d’armement. Il fallait donc avoir des poches solides pour bien retenir les munitions.

Autre élément de praticité : les fournitures étaient a porter de mains des soldats dans leurs poches et ils pouvaient ainsi remplir leurs sacs d’autres éléments.

Le cargo pant solide, robuste et tellement pratique gagne donc en renommée et devient un incontournable des militaires.

Rien ne se perd, tout se transforme

Le nouvel uniforme (BDU) a été utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale. Même si quelques officiers plus âgés n’étaient pas satisfaits de la tenue plus moderne, le cargo pant est vite adopté par le Canada, l’Australie et l’Inde.

Si ce pantalon fait ses preuves chez les militaires, culturellement il va s’imposer comme une pièce forte de notre vestiaire. En effet après la guerre, les sociétés occidentales se reconstruisent. L’économie repart et la société de consommation prend alors son envol. L’économie de la guerre, marquée par une production massive s’arrête donc. Il existe donc de nombreux surplus et invendus. Une nouvelle industrie prend donc son essor: la vente de matériel militaire au grand public : tentes, boots, blousons, aviateurs, chinos, cargo pants…

Ces vêtements rencontrent vite leur public. Beaucoup de magasins ouvrent pendant les années 60/70 et font fortune sur les surplus de guerre notamment au Royaume Uni et aux Etats Unis. Les vêtements de guerre, solides et de haute qualité étaient notamment prisés des grimpeurs, randonneurs, chasseurs et campeurs du dimanche. 

Les cultures populaires

Ces magasins s’appuient aussi sur un socle culturel fort : le mythe du soldat inconnu, celui qui a défendu la patrie et qui y a laissé sa vie. La tenue du soldat est donc vite reprise par le grand public qui adule les motifs camouflage et la couleur kaki.

Nombreuses sont les apparitions de la tenue du soldat dans les films hollywoodien. C’est via ce biais que le cargo s’impose comme d’une part comme une pièce forte du vestiaire masculin mais aussi comme un élément culturel.

Les années 70/80 voient de nombreuses sous-cultures s’approprier les codes de l’armée. On les célèbre, on les détourne, on les dénonce. Le gouvernement américain, en pleine guerre du Vietnam, use de propagande pour mobiliser les troupes et galvauder l’opinion publique.

Le pantalon cargo est donc partout: dans les commerces, à la télé, à la radio.

Aujourd’hui, ce pantalon à poches bien solides nous est toujours autant familier. Le Hip Hop et les baggys sont un bel exemple de la reprise des codes vestimentaires militaires remasterisés et réinventés face à la modernité et aux nouvelles pratiques culturelles.

La Paname Collection Touch’

Tu le sais sûrement, chez Paname Collections on adore remastériser les classiques et te proposer des vêtements stylés qui boostent ton charisme.On a donc revisité le pantalon cargo en lui donnant une touche d’élégance et de modernité.

Comment le porter ?
Ce qui est intéressant avec ce pantalon est qu’il t’offre pas mal de possibilités.
✅ Tout simplement avec un t-shirt et une petite veste (ex: le trucker)
✅ Casual : avec une chemise plus claire. Un cardigan en plus est une bonne option
✅ Streetwear : avec un hoodie / sweatshirt et des baskets. Ces dernières donnent l’équilibre qu’il faut à la tenue.
✅ Casual chic : avec un col roulé clair.

Tu seras aussi saisi de voir que ce pantalon est hyper doux et agréable au porter, ce qui contraste avec l’élégance de cette flanelle de luxe qui vient de la maison Reda en Italie. On est à nouveau retourné chez eux car pour la grande majorité des flanelles, direction le pressing à la moindre tâche. Reda arrive quant à elle à nous proposer une flanelle 100% laine (super 120’s pour les connaisseurs) qui est ‘tech’ pour trois raisons :
✅ Lavable en machine
✅ Traitement anti-plis
✅ Élasticité naturelle sans élasthanne

Elle n’est pas belle la vie ?

Kevin T.