Le trucker : rock, utile et stylé

Le denim, tissu indémodable et intemporel, fait partie des must-have du vestiaire masculin. 

Quand on te parle de denim, on pense en premier au jean. Mais si ce dernier a su habiller nos jambes depuis des décennies, le denim a su aussi se décliner dans d’autres versions qui viendront épauler nos silhouettes: les chemises et les vestes workwear. Allure rock, punk et décontractée, la veste en jean est le symbole d’une insouciante liberté. 

Aussi bien sur les podiums que dans la rue, elle a su transcender les époques et les mouvements culturels pour s’adapter à tous les styles, à toutes les silhouettes et à toutes les personnalités.

Denim or not denim, that is the question

Remontons le temps ensemble. L’histoire du denim est intimement liée à celle de l’émergence de la teinture indigo qui pris son essor dans les années 1750/1800. L’indigo est une teinture végétale qui donne son bleu caractéristique au denim. Mondialisation oblige, c’est sur la Route de la Soie que l’indigo a transité avant d’arriver en Europe.

En effet, c’est au Japon que la confection et la teinture de vêtement se faisaient grâce à l’indigo pour les vêtements de pompiers. L’histoire raconte que les différentes nuances obtenues grâce à l’Indigo permettaient de reconnaître à quelle escouade de pompiers un individu appartenait. La couleur était aussi symbole de chance ou encore de bravoure. 

Les japonais ont vite fait de créer tout un attirail pour ces combattants du feu et notamment une veste particulière, le Hanten. Kezako ?

En effet, ils ont très vite compris l’expression : à force de jouer avec le feu, on finit toujours par se brûler. Ils ont donc interdit la confection des vestes de pompier en soie, trop inflammable au profit d’une toile rigide en laine dit « hanten ». CQFD

La tradition Européenne 

L’équivalent français du “hanten” japonais prend racine durant la révolution industrielle. N’avez-vous jamais entendu parler du Col blanc VS Col bleu ? 

En effet, le col bleu est le symbole de l’ouvrier durant la révolution industrielle. N’exécutant que des tâches manuelles dans des conditions désagréables, ils s’habilleront rapidement d’un « bleu de travail » (merci l’indigo). Vêtement robuste, respirant et souple à la fois, le « bleu de travail » sera une toile vierge que l’histoire de la mode façonnera et fera évoluer. Envie d’en savoir plus ? Fais un tour sur notre article dédié au workwear dans lequel on te parle de comment les ouvriers ont influencé ce mouvement.

Pour produire ces vestes, il a fallu trouver un tissu solide et robuste. C’est tout naturellement que le “jean” ou encore le “denim” devient la matière de prédilection pour produire des vestes workwear au début du 19ème siècle en Europe. C’est notamment la ville de Nîmes qui devient célèbre à cause de la production de pantalon en “serge de Nîmes” et de l’invention du fameux « bleu de Nîmes ».

Entre tradition & réinvention 

La veste en jean gagnera ses lettres de noblesse au début du 20ème siècle grâce Levi’s et sa veste « Type I ».

Levi’s avait établi à l’époque les standards pour l’ensemble des vestes en jean. N’oubliant pas le but initial de la veste workwear, à savoir fournir des vêtements de travail à la fois robustes et confortables, la marque américaine va vite faire évoluer les patrons et les tissus pour répondre aux besoins des cols bleus. 

Le “Type I” avait un design simple, avec une poche avant et une boucle en argent à l’arrière. La poche avant n’a pas eu de rabat avant les années 30, et la languette rouge « Big E » a disparu jusqu’en 1939.  

La marque américaine continue de moderniser sa veste workwear. En 1953, Levi’s retravaille la Type I pour une version Type II, ornementée de deux poches poitrine et sans ceinture au dos. Des punaises viennent remplacer les rivets caractéristiques. Le Type III, est arrivé peu après en 1967 et est devenu le modèle le plus populaire de Levi’s. Aussi connue sous le nom de « veste de camionneur » ou « trucker », le fit était plus ajusté que les anciennes versions avec cette fois-ci des rabats pointus sur les poches poitrines.  

Plus qu’une veste, un art de vivre

1967. Levi’s commercialise la veste Trucker Type III et va considérablement impacter la mode. La veste denim dite trucker va vite fasciner toute une génération de par son côté workwear et rock.

D’abord très prisée dans les westerns des années 1930 et 40, Hollywood (encore le cinéma, toujours le cinéma) l’érigera comme symbole de la canaille chique des années 50. De James Dean à Marlon Brando, en passant par les poètes de la Beat Generation, la veste en jean s’installe comme la pièce maîtresse de l’échiquier mode.

Rock et Punk, tantôt délavée, tantôt full indigo, elle devient vite le blouson préféré des mods, skinheads et hippies. Ils l’a personnalisent, lui donnent du peps avec des couleurs, des clous ou optent pour un total je m’en foutisme avec des blousons déchirés. Bref, la veste en jean qui faisait un tabac au cinema et sur les podiums de grands créateurs gagne la rue et participe de cet élan de liberté et d’insouciance sous l’impulsion d’une jeunesse incomprise en quête de sens.

Le Trucker Paname

Vous l’aurez compris, la veste en denim a su évoluer et s’adapter aux mœurs de différentes générations et de différentes cultures.Le XXIème siècle n’échappe pas la règle. Il n’y a qu’à sortir dans la rue pour voir comme elle est partout, tout le temps et déclinée sous toutes ses formes.

On a donc voulu perpétué la tradition avec notre Trucker Chuck.

Pour le design, on s’est forcément inspiré des mythiques vestes en jean de Robert Redford, James Dean ou Paul Newman. Comme on aime le mélange des genres comme tu as pu le constater avec nos autres blousons, on a choisi une moleskine de coton et non du denim pour la rendre plus élégante et plus facile à porter au quotidien. Ce blouson Chuck est donc à la croisée entre un trucker et une veste en daim.

Côté style, te prends surtout pas la tête du moment que tu ne la portes pas avec un costume ou un survet :
-pour la bleu orage, on te conseille de privilégier un pantalon plus clair comme notre velours écru ou avec une couleur complémentaire comme du kaki ou du tabac
-pour le modèle havane, on l’adore avec des jeans. Un pantalon kaki fera aussi bien l’affaire !

Même si c’est une pièce mi-saison, elle pourra facilement se porter l’hiver avec sa doublure en coton.

Kevin T.