Le Workwear: quand nos désirs font désordre

Le contexte : soirée « bachelor » en perspective. Tu arrives et tu remarques certains de tes potes vêtus de vestes bleues un peu garagistes, des gars en jean avec des chemises à carreaux et des combats boots en mode bûcheron. Tu es en droit alors de te poser la question : est-ce une soirée costumée ? Eh bien non, tu découvres l’art de vivre workwear.

Le Workwear ? 

C’est un style vestimentaire né pendant la révolution industrielle américaine. Il se compose de vêtements faits pour durer, robustes et solides pour travailler malgré des conditions difficiles.

Il se traduit en français par « vêtement de travail » (ndlr : beaucoup moins sexy effectivement) car avant d’être omniprésent dans les rues, c’est avant tout grâce aux travailleurs, aux ouvriers et à l’armée qui ce style est né. Le style “workwear”, la « veste en denim »,  la « veste de travail » ou encore le « style bûcheron en flanelle à carreaux et boots bien robustes » avaient une vraie utilité au quotidien pour le travail avant de devenir un courant vestimentaire.

Quelles sont les origines lointaines du style workwear ? Comment es-tu devenu si beau gosse en surchemise et trucker ? Assieds-toi confortablement, on te raconte tout !

Le vêtement : entre distinction et adaptation

On retrouve les inspirations du workwear au tout début de l’histoire de l’humanité. Le vêtement a toujours eu pour objectif de pouvoir se différencier les uns des autres. Chez les grecs ou chez les romains, le vêtement était utilisé pour différencier les esclaves des barbares, les gladiateurs des prêtres.

Cette distinction a longtemps perduré. Avec la révolution industrielle, les vêtements dits de travail étaient utilisés pour différencier l’employeur du travailleur, le « col blanc » du « col bleu ». Cette mouvance workwear s’est par la suite accélérée grâce aux artisans, aux agriculteurs, aux cowboys, aux ouvriers… qui ont cherché à adapter leurs vêtements aux besoins de leurs activités quotidiennes. Avaient-ils idée qu’ils créeraient un jour une mouvance stylistique si forte ? Mystère et boule de gomme !  

Basique, le T-shirt nous vient des marins des années 1940. Le fameux jean en denim ? Des fermiers et cowboys qui l’adorent pour sa résistance et sa souplesse. Difficile de courir après des vaches avec un pantalon en flanelle… La surchemise, les combats boots ou encore le trenchcoat et chinos ? On dira merci aux militaires !

La touche japonaise

Le Japon aura aussi son mot à dire dans l’émergence du workwear. Tu n’es pas sans savoir que le Japon a fortement été touché par la Seconde Guerre Mondiale. Très vite, l’impérialisme américain a mis les îles japonaises sous surveillance. Les soldats américains installés dans l’archipel vont vite importer le « american way of life » chez les nippons. Le softpower américain avait pour but d’influencer la jeunesse japonaise à la recherche de nouveaux idéaux et de repères culturels. Les vestes aviateurs, les blue-jeans, le chewing-gum ou encore les cigarettes séduisent plusieurs générations de japonais. On voit donc le Japon des années 1920 maître dans l’art du kimono se tourner peu à peu vers la fabrication et la production de vêtements occidentaux. Les jeunes japonais des années 60 vont vite s’habiller comme les américains et se tournent ainsi vers l’occident.  

Hanten traditionnel japonais, vêtement de pompier, ancêtre des vestes en denim

L’industrie textile japonaise aussi commence alors à produire en masse des vêtements worweark et se détourne de sa tradition du costume (kimono, hanten…) Le japon va même surpasser les américains en terme de production de jeans dans les années 70 à 90.

Le workwear japonais émerge ainsi grâce à ce savant mélange entre art traditionnel du kimono et vêtements occidentaux.

Hollywood

Comme à son habitude, le cinéma va beaucoup jouer dans la diffusion du workwear à l’échelle internationale. Le monde des années 40/50 découvre des acteurs décomplexés, habillés de jeans, de truckers, de vestes en cuir… De James Dean à Marlon Brando, en passant par les poètes de la Beat Generation, l’arsenal workwear se stratifie et gagne en renommée.

Marlon Brando, Equipée Sauvage, 1953

James Dean et son fameux col relevé

On le sait, la mode se fait et se défait au fil de l’histoire et surtout au fil des mouvements culturels. Avec les mouvements rocks et punks des années 60/80, les skinheads, mods et autres vont voir en la mouvance workwear une quête identitaire. Les vestes s’encanaillent avec du cuir, des clous, les jeans sont de plus en plus délavés et déchirés, les silhouettes de plus en plus slims et vagabondes.

La boucle est bouclée. Alors que pendant longtemps le vêtement était utilisé pour catégoriser les gens, que pendant les révolutions industrielles l’ouvrier de l’usine était obligé de subir sa condition vêtu de son « bleu de travail », le workwear des années 1960 aux années 1980 devient une tribune politique pour dénoncer un désenchantement social, un spleen commun. S’habiller workwear c’est faire acte politique.

Alors oui, aujourd’hui encore quand on s’habille en mode bûcheron ou qu’on arbore une veste trucker, on fait un peu de la politique et on dit un grand oui à l’insouciance et à la liberté !

Le Worweark version Paname Collections

Aujourd’hui même si les conditions de travail ont évolué (ceteris paribus), on a voulu respecter la tradition du workwear avec notre surchemise Ragnar en coton gratté. Elle ne contient pas 1, pas 2, pas 3… mais 7 poches au total.

2 poches poitrine pour le style
2 poches latérales pour tes mains
3 poches intérieures dont une pour ton téléphone

Mais ça ne s’arrête pas là. On a décidé de doubler cette surchemise pour te garder bien au chaud en terrasse avec l’arrêt programmé des chaufferettes dans les bars et les restaurants.

Kevin T.