La chemise hawaïenne ou le je-m’en-foutisme appuyé

Elvis Presley dans la Promo du film “Blue Hawaii” © Getty images

Aloha ! 

Des friperies aux marques de mode pointues en passant par notre modèle Honolulu, la chemise hawaïenne revient en force sans faire de vagues depuis quelques années. En effet, sa fraîcheur et sa légèreté ne peuvent nous faire que du bien !

La chemise Hawaïenne, entre eaux calmes et raz-de-marrée

A la croisée des cultures, cette chemise n’est pas qu’une pièce forte de notre vestiaire. Elle est surtout devenue représentative d’un style de vie et d’une pensée politique. 

L’archipel d’Hawaï est connu pour son climat tropical. Durant le XIXème siècle, japonais, philippins, chinois y viennent en masse pour travailler l’agriculture et développer l’économie alors basée sur la canne à sucre et l’exportation d’ananas. La culture hawaïenne devient un vrai melting pot de populations.

(ndlr : cela n’est pas pour rien qu’on appelle Hawaïenne, la pizza avec de l’ananas… CQFD.)

Ces agriculteurs immigrés apportent dans leurs bagages leurs coutumes et leurs traditions vestimentaires.

Hautes températures obligent, les travailleurs s’habillaient de chemises légères à manches courtes qui prendront le nom de Palaka. Cette dernière se caractérise par des motifs floraux, tropicaux et géométriques typiques d’Hawaii et des tissus japonais. En effet, les premières palakas étaient à l’origine faites à base de chutes de tissus utilisés pour des kimonos. 

Une autre version raconte que les ouvriers, ne supportant pas la chaleur, travaillaient torse nu, ce qui choquait les missionnaires chrétiens de l’époque en charge des exploitations. Ainsi, ils obligèrent ces ouvriers à se vêtir de la fameuse Palaka.

 

Koichiro Miyamoto, connu en tant que Musa-Shiya, le “Shirtmaker”, Pionnier de l’industrie 

 

Plus q’une chemise, un art de vivre

Vous la trouvez osée ? Sachez que c’était déjà le cas à l’époque. Trop colorée, des motifs trop extravagants… la chemise hawaïenne a pas mal galéré avant de se faire accepter.

Dans les années 1930, la chemise hawaïenne change de nom pour devenir la chemise Aloha. Elle est de plus en plus en vogue grâce aux touristes qui se rendent à Hawaii, principalement des célébrités et hommes d’affaires.. bref des gens avec un peu de tune qui succombent immédiatement à la mode des chemises hawaïennes.

Alors que le Grande Dépression impactait les Etats Unis, le fait de porter une chemise hawaïenne était symbole d’une élégance nouvelle, d’une façon de voir la vie autrement. Un je m’enfoutisme appuyé: s’habiller d’une chemise manches courtes à motifs c’est dire m***** aux normes de l’époque et à la crise économique…

Montgomery Clift portant l’iconique Chemise Tête de Diamant dans le film “From Here to Eternity” © Columbia Picture

Tom Selleck et sa chemise hawaïenne rouge dans le film “Magnum P.I.”. © CBS

Dans les années 50/60 repartent l’économie, la culture et la consommation. Comme pour de nombreux vêtements dont on est encore fan aujourd’hui, c’est Hollywood qui impulsera et donnera ses lettres de noblesses à la chemise Hawaïenne.

Elle devient vite bien plus qu’un vêtement : elle se transforme en un accessoire lifestyle et politique. Exhiber une chemise hawaïenne  c’est montrer un certain statut économique et social. La chemise hawaïenne est un art de paraître et  le symbole d’un luxe décomplexé.

Elvis Presley dans la Promo du film “Blue Hawaii” © Getty images

Affiche album Jimmy Buffet 1976

La Paname Touch’ 

Depuis que Paname Collections a été créé, on a toujours voulu faire une chemise manches courtes !

Alors cet été, on lâche les chiens avec notre chemise Honolulu et son imprimé tropical qui sent bon la playa. Au sein de ta bande de potes, tu passeras grâce à elle pour le mec fun plein d’assurance. Le fameux luxe décomplexé.

Il ne te reste plus qu’à assumer ce statut ! Et comme on n’aime pas faire les choses à moitié, on t’emmène directement à la Havane avec ce col cubain. Tu peux enfin apprendre 2 / 3 pas de salsa et te déchaîner au son d’ El Cuarto de Tula.