Les origines du Teddy Ted de Paname Collections

Lorsqu’on évoque le teddy, on pense instinctivement aux universités américaines car l’histoire de ce blouson y est intimement liée. On a aussi souvent vite tendance à le confondre avec un bomber.

Quelle est donc la différence ? Et d’où nous est venue l’inspiration pour le Teddy Ted ? On passe aux aveux et on vous raconte tout !

Ted, une histoire à l’américaine

Le blouson des bons élèves

Remontons aux origines du teddy. Son histoire commence en 1865 dans la plus prestigieuse université américaine, qui n’est autre qu’Harvard. En effet, les joueurs de l’équipe de baseball arborent cette année une nouvelle chemise de match, avec un grand « H » sur la poitrine en signe d’appartenance à leur école. Cette mode s’étend aux autres grandes universités du pays, qui apposent aussi la première lettre de leur nom sur les maillots des équipes de sport, mais aussi sur des pulls ou cardigans en laine.

Dans les années 1930, une nouvelle tradition donne naissance au véritable teddy. Les élèves jugés les plus méritants sont récompensés par un blouson floqué d’un écusson aux couleurs de leur université ou de leur lycée : le teddy (appelé varsity jacket, ou encore letterman en anglais). Ce blouson est généralement en laine bouillie, avec des manches en cuir et des boutons pression. La légende veut même que le nombre de rayures sur le col et les manches représentaient le nombre de récompenses attribuées à l’élève.

Le teddy est donc le blouson des bons élèves, et contraste avec les vestes en cuir noires portées par les « bad boys ». On pense notamment à John Travolta, qui incarne le personnage de Danny dans la comédie musicale culte Grease.

Par la suite, le teddy revient à ses fondamentaux. Le blouson n’est plus destiné aux premiers de la classe mais bien aux équipes sportives de l’école comme à ses débuts. On ne compte d’ailleurs plus les films ou séries américaines pour ados (qu’on ne citera pas…) où l’on voit les joueurs de basket ou foot US stars du lycée en teddy.

Bien plus qu’un simple teddy

Lorsque l’on observe notre Teddy Ted, on s’aperçoit vite qu’il ne ressemble pas exactement à un teddy universitaire : pas de laine bouillie, pas de boutons pression, pas de manches en cuir ni de rayures sur les bords-côtes… Le Teddy Ted ne serait-il donc pas véritablement un teddy ?! Et bien… oui et non, car nous nous sommes aussi inspirés du bomber MA-1 dans la conception de notre cher Ted.

Il faut sauver le soldat Ted

Le bomber MA-1

Destiné aux soldats de la US Air Force dans les années 1950, le bomber MA-1 est le blouson militaire par excellence. Le grand public découvre notamment ce blouson pendant la très médiatisée Guerre du Viêt Nam (1955-1975), à laquelle s’oppose une majeure partie de l’opinion publique américaine.

Le col fin en coton du MA-1 le différencie de ses prédécesseurs, les blousons A-2 et B-15, qui disposaient chacun d’un col en fourrure, moins pratique pour le saut en parachute. Au même titre que le col, les bords-côtes du blouson sont en coton. Toutefois, on reconnaît avant tout le bomber grâce à sa face extérieure et sa doublure en nylon, qui lui donne son côté brillant. Afin que le blouson tienne suffisamment chaud aux soldats, on plaçait aussi de la laine entre ces deux couches, remplacée ensuite par du polyester, qui conserve mieux la chaleur tout en étant plus léger.

À l’inverse du teddy qui possède des poches latérales passepoilées, le MA-1 possède des poches inclinées à rabats, tout comme le Harrington (ndlr : retrouvez ici notre article sur ce mythique blouson). De plus, le bomber possède aussi une poche zippée sur le bras, très reconnaissable.

Le MA-1 est la plupart du temps kaki, noir ou bleu marine. En revanche, à partir de 1963, le blouson devient réversible avec une doublure systématiquement orange afin de reconnaître les pilotes en détresse, ayant survécu à un crash par exemple.

Un blouson rebelle

C’est la marque Alpha Industries qui a l’idée de commercialiser les premiers bombers auprès du grand public pendant les années 1960. Malgré le désaccord de l’opinion américaine envers l’intervention des États-Unis au Viêt Nam, le public s’habitue à la coupe particulière du blouson à travers le traitement médiatique de la guerre.

Les populations ouvrières américaines, dont sont issus de nombreux soldats, adoptent ainsi logiquement le MA-1 avec le retour de ces derniers. Le même phénomène se produit en Grande-Bretagne avec la Guerre des Malouines (1982), première guerre à être retransmise en direct à la télévision : le bomber est un blouson qui plaît aux classes prolétaires.

En Angleterre, le MA-1 est notamment adopté dans les années 1980 par les skinheads, qui le portent avec des jeans serrés et des bottes Dr. Martens. Longtemps associé à ce sulfureux mouvement Outre-Manche, le blouson est associé à un autre mouvement contestataire aux États-Unis à partir des années 1990 : le hip-hop, et plus particulièrement le gangsta rap, sous l’influence du groupe N.W.A par exemple.

À la même époque, les franchises américaines de basket ou de base-ball commencent à commercialiser des teddys en nylon, confondant un peu plus le teddy et le bomber dans l’esprit du grand public. Ces vestes sont un large succès auprès des amateurs de hip-hop mais surtout de sport, ce qui adoucit quelque peu l’image rebelle du bomber.

Le Teddy Ted de Paname Collections

Le Teddy Ted, c’est un peu un condensé du teddy universitaire classique et du bomber MA-1. Pour le tissu, on est allé chercher une laine super 110’s chez le prestigieux filateur italien Vitale Barberis Canonico, habituellement utilisée pour fabriquer des costumes de luxe : le super 110’s a l’avantage d’être fluide, élégant et ne pas trop se froisser comparé au nylon. Nous avons eu un véritable coup de cœur pour ce joli bleu marine chiné, presque denim, qui sublime ce tissu haut de gamme.

Les bords-côtes, qui proviennent d’un atelier familial des Hauts de France, sont en coton et ne devraient donc pas boulocher. On les a choisis ton sur ton, sans rayure, à la façon des bombers. La veste emblématique de la US Air Force nous a aussi inspiré le zip, que nous avons préféré aux boutons pression des teddys universitaires moins pratiques. En revanche, pour les poches, on se rapproche plus du teddy classique. Ces dernières sont passepoilées avec un bouton pression intérieur pour éviter de faire tomber vos objets du quotidien.

Enfin, nous avons opté pour une doublure fantaisie rayée, blanche et rouge, qui s’accorde parfaitement avec le bleu denim du Teddy Ted. Pas d’orange voyant pour vous sauver d’un potentiel accident d’avion… On ne prend toutefois pas trop de risques en affirmant que la poche intérieure vous sera plus utile !

Quentin G.